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    Investir dans l’art contemporain : APT (artist pension trust) une pyramide de type Ponzi ou Madoff?

    Par le webmaster | décembre 8, 2009

    Un débat est ouvert sur le site LUNETTES ROUGES http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/2009/11/17/un-complot-contre-lart/

    A cette occasion est soulevée une question qui devrait alerter sérieusement, celle du délit d’initiés :

    “Un responsable ou un salarié d’institution publique n’a pas le droit de travailler dans le même temps pour des intérêts d’un privé. En l’occurrence ici, être conservateur de musée ou directrice d’un centre d’art, et en même temps travailler pour un fonds de pension privé “. Tristan Trémeau à propos de la revue “Particules”

    Si on commençait par approfondir ce point au lieu de faire comme si c’était “de tout temps” pour protéger un système pour le moins douteux. Comme si le milieu de l’art global était par principe au-dessus des lois en vigueur dans le monde actuel, celui qui fait le choix de la démocratie s’il faut apporter ici cette précision.

    Catégorie : Débats, Editorial | 7 Commentaires »

    7 réponses à “Investir dans l’art contemporain : APT (artist pension trust) une pyramide de type Ponzi ou Madoff?”

    1. jacques l'artiste a dit :
      décembre 8th, 2009 at 17:12

      Vous confondez délit d’initié et réglementation de la fonction publique purement française. Dire n’importe quoi sur APT, que c’est du délit d’initié, que c’est du Madoff/ Ponzi (et d’autres disent encore pire) permet peut-être d’attraper les badauds, mais vous devriez d’abord réviser votre droit et votre économie de base avant de proférer ces énormités.
      Dans le système APT, lesdits curateurs (dont l’immense majorité ne sont pas des fonctionnaires français) ne sont pas salariés d’un fond de pension privé, mais rémunérés comme pigistes ou consultants, ce qui est d’ailleurs toléré dans l’enseignement et la culture en France.
      Ce que vous vous gardez bien de mentionner dans votre article, c’est que les artistes, eux, trouvent très bien qu’on leur propose ainsi un système de revenus différés que ni l’état, ni les sociétés d’artistes n’ont eu l’idée de mettre en place eux-mêmes : ils s’inscrivent en masse.

    2. Aude de Kerros a dit :
      décembre 9th, 2009 at 9:35

      La crise financière d’aujourd’hui est née de la multiplication pendant quinze ans de nouveaux produits financiers dits “sécurisés” avec une complexité et une créativité telles qu’il était devenu impossible de procéder à leur évaluation.
      N’est-on pas avec cette méthode dans le même cas de figure? C’est à dire un essai de pérenisation de la valeur de l’AC par les réseaux qui la fabriquent et qui pour l’instant la conservent uniquement parce qu’ils ont les moyens de ne pas vendre. Pour entrer dans les réseaux depuis 15 ans, les conditions sont: d’être entièrement propriétaire de l’oeuvre et solidaire du réseau.
      Tôt ou tard cette hypothèse pourra être vérifiée en regardant la liste des artistes acceptés ou refusés à entrer dans la mutuelle en question.
      En tout cas celui qui pense que les artistes auraient pu par eux-mêmes avoir une telle idée… rêve.
      Cela ne se construit qu’à partir de réseaux pour être viable.
      L’AC a toujours été un laboratoire de la fabrication financière de la valeur… Ne serait- on pas en train d’inventer un “modèle”, de “produit financier” pouvant avoir comme spécificité la sécurité sur un temps long: 20 ans? Les techniques financières s’améliorent!
      Cela ne vous fait-il pas aussi penser à la Peau de l’Ours?

    3. marie Sallantin a dit :
      décembre 9th, 2009 at 14:35

      Pour nourrir le débat je copie cette analyse de Nicolas Ledoux sur le site de Lunettes Rouges. Lire sur ce sujet Tristan Tremeau et Particules n°26 si on la trouve encore…
      “Le leurre est justement dans le “bien-FONDé” du montage…
      Nauséeux :
      . Un Fond pour garantir les retraites des artistes (1 – y croyez-vous vraiment ? 2 – avez-vous la mémoire si courte…).
      . La massification de l’opération… sur les 100 000 œuvres potentielles – je veux dire sur les 100 000 ventes potentielles, APT s’assure et “assure” la possession – je veux dire la spéculation – de celles qui feront inévitablement les plus belles ventes (sans doute organisées par eux), comme les autres d’ailleurs. Ces artistes élus (par APT) – peu nombreux, comme aujourd’hui – auront leur “retraite” gagée… Mais les autres…
      La technique est rodée : on prend à tous pour financer les frais fixes, la com, la gestion, les gestionnaires, on nourrit un fond de roulement confortable dont on tire les bénéfices de ses placements, puis on fait de confortables marges sur les gros coups, les bonnes opérations, les bonnes ventes… Cela ne vous rappelle rien ?
      Pour que cela marche on ne travaille qu’avec des artistes déjà reconnus et prêts à accéder au grand firmament des ventes… Ceux qui sont en lisière de la première division… (APT ne devrait-il pas au contraire proposer ses “services” à ceux qui auraient justement besoin d’émerger… qui eux se posent véritablement des questions de survie et de retraites – bien qu’exposés régulièrement, reconnus mais peu vendus…). La liste des artistes du Fond est déjà une sélection Taschen à venir… Justifier de leur nombre pour crédibiliser l’opération… est un mauvais argument quand on connaît la précarité – bien organisée – et la naïveté – restons positifs – de certains… Il serait judicieux de demander aux artistes comment ils ont-été approché, ce que APT leur a promis et pourquoi ont-ils accepté… Claire Fontaine (!!!), Parreno, Affif, Bismuth, Scurti ont-ils des angoisses pour leur retraite ?
      ce système est un leurre.
      La force de APT réside en cette liste parfaite de noms (artistes, commissaires, personnalités…), en cette mondialisation des valeurs, en cette terrible et apparente crédibilité liée à la caution du marché, des expositions privées ou en institutions… Une lecture superficielle de ce montage ne peut que donner envie… c’est une belle histoire, remarquablement scénarisée et mise au point, avec des moyens importants… Qui pourrait croire que toutes ces spécialistes de l’art se fassent manipuler ?… n’y voient que leur petit intérêt ? Si cela ne vous rappelle rien… Ce serait alors nous faire croire que la nébuleuse de l’art est plus intelligente que celle de l’économie… péché d’orgueil…
      Il s’agît d’organiser – comme pour les métaux – un monopole… et de laisser quelques mines çà et là aux pays pillés ou prêts à l’être pour la critique…
      Le dépassement de l’art – cher a Debord – n’est pas prêt d’avoir lieu… et après KUNST = KAPITAL voilà KAPITAL = KUNST.”
      Vous dites Pierre- Nicolas Ledoux “on ne travaille qu’avec des artistes déjà reconnus et prêts à accéder au grand firmament des ventes…” N’est-ce pas tout simplement pour sauver leur cote et donc protéger des investisseurs dont le nom n’est pas révélé ? Ce n’est pas rien les mises investies dans l’AC depuis les années 60…. par les institutions ET par le privé. Pas étonnant qu’ils s’entendent!

    4. Sourgins a dit :
      décembre 10th, 2009 at 11:18

      Pour info, rappelons que si l’homme qui dirige Versailles, est un ami et ancien salarié de M. Pinault, (on ne peut interdire l’amitié, mais ne faudrait-il pas un délai de décence pour passer de la sphère privée au service de l’Etat ?) En tout cas, la commissaire de l’exposition Koons, était, elle, salariée du collectionneur… Parler de « conflit d’intérêts », même Le Monde s’y risquait (1) en rappelant qu’une expo en solo dans un lieu comme Versailles valorise financièrement l’œuvre. Le « Cri du contribuable » (2) lui évoquait franchement des « prises illégales d’intérêt »…
      (1) Le Monde, 7-8 septembre 2008, p. 21.
      (2) Le Cri du Contribuable n°55, 20 septembre 2008, p. 14.

    5. Tristan Trémeau a dit :
      janvier 10th, 2010 at 16:34

      Bonjour, j’ai répondu un tardivement à votre message sur mon blog, pris par trop de diverses charges de travail : http://tristantremeau.blogspot.com/2009/10/in-art-we-trust-suite-au-sujet-dun.html
      Cordialement
      TT

    6. Philippe Rillon a dit :
      janvier 21st, 2010 at 11:28

      Non, La Peau De l’Ours (celle, “historique”, 1905-1914, d’André Level et ses amis amateurs d’art) n’avait rien à voir avec un fond d’investissement du type APT! Elle était une collection collective, club d’amateurs qui achetait(APT n’achète pas)les oeuvres d’artistes alors plus ou moins inconnus (Picasso Matisse, etc..)pour les faire tourner entre eux et en jouir (esthétiquement parlant)…
      Quand à la Peau de l’Ours que je représente sur son blog elle s’est clairement exprimée sur le sujet dans cet article (http://rillon.blog.lemonde.fr/2009/12/10/lart-contemporain-est-il-un-produit-financier/).
      Il est certain que les choix de ce “fond de pension” sont pure spéculation financière. Tout comme l’AC qui lui tourne le dos depuis une quarantaine d’années, ils n’ont que faire du jugement esthétique et son “désintéressement”…(gare aux contresens!). Il semble que tout le monde soit d’accord au moins sur ce point.

    7. Olivier Borneyvski a dit :
      avril 19th, 2010 at 17:05

      Monsieur
      Bien plus qu’un commentaire, je me permets de vous déposer une œuvre d’art versée au catalogue du non-objet “Commentaires” sous le numéro :
      Pièce com92/avril/2010
      Artiste d’art contemporain,je travaille essentiellement sur le vide en collectant tous les événements de ma vie quotidienne qui pourraient éventuellement réussir à le remplir. Vous avez par cet article réussi quelque peu à rendre plus concrètes mes nombreuses œuvres absentes.
      Merci.
      Olivier Borneyvski-

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