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    On y voit clair

    Par le webmaster | mai 10, 2011

    Avant (depuis 1982) c’était caché que les maîtres du jeu étaient les fonctionnaires et non plus les artistes. La presse aidait au silence. Et puis le temps a passé et tout ce réseau ami des inspecteurs de la création – galeristes , artistes avant-gardistes, journalistes et critiques – a vieilli lui aussi et « sent la naphtaline » . « Dehors !  » disent les nouveaux amis de ministre. Catastrophe pour les anciens s’ils sombrent dans l’oubli ! On se mobilise et on ment sur la mobilisation car l’enjeu est de taille : pensez donc ! la colline de Chaillot permettrait en effet de retarder l’échéance fatale de ne plus exister. Hier, c’était dans les salons qu’on se disputait pour l’art et pour la gloire et pour l’argent ! C’est là qu’il y avait la dispute et c’était autrement plus intéressant et bien sûr au grand jour. Aujourd’hui, cette crise de bureau des anciens et des modernes est si ridicule qu’elle offre l’occasion de remettre sur la table le rôle de l’Etat dans la création vivante. Programmer l’art vivant a toujours été une aberration des pays totalitaires. Pourquoi cette erreur persiste -t- elle en France depuis si longtemps? Pourquoi continuer de faire silence sur les questions posées au lieu d’en débattre ? Pourquoi aller au secours d’une faillite ?

    Catégorie : Actualité, Débats, Editorial | 5 Commentaires »

    5 réponses à “On y voit clair”

    1. Aude de Kerros a dit :
      mai 10th, 2011 at 12:33

      Un schisme dans la secte des inspecteurs de la création!
      Peu a peu se révèle, de crise en crise, le paysage de la vie artistique en France. La querelle de palais autour de la gouvernance de l’espace II du palais de Tokyo est un fait relativement nouveau de la vie artistique française. Nos Inspecteurs de la création, qui dirigent l’art d’une main de fer en France, ont maintenant trente ans d’âge… presque deux générations! Il y a donc aujourd’hui deux factions qui s’affrontent pour le pouvoir: les juniors et les seniors!
      Mais ce que aucun grand quotidien ne montre, et ce n’est pas faute d’avoir proposé des articles pour un débat plus ouvert, c’est que la scène française se situe aujourd’hui hors du cercle des subventionnés. Le problème réel de la création en France c’est l’existence d’une direction de l’art faite par l’Etat qui maintient les autres membres du réseau soumis. En France il n’y a de fait qu’un seul réseau et pas de concurrence! Système pervers et tôt ou tard fatal.
      Il devient de plus en plus évident que la solution est la dissolution du corps des « Inspecteurs de la création » dans d’autres corps moins spécialisés ce qui éviterait le phénomène sectaire.
      Solution administrative qui peut s’executer d’un trait de plume!

    2. françoise a dit :
      mai 11th, 2011 at 13:09

      C’est un fait:tout cela n’était pas très clair!! Heureusement, certaines périodes d’obscurantisme ne peuvent échapper à une mise en lumière. Les peintres « peintres », absorbés par leur travail, étant par essence plongés dans un monde en dehors du monde, n’ont pas été assez vigilants face à la prise de pouvoir de l’Etat, ou bien la force du pouvoir est elle inexorable…Bref, l’épanouissement de l’art en est blessé, tronqué. Certains ont occupé la place, choisi les exposants, les lieux d’expositions, décidé de l’esthétisme et du sens de l’art de notre époque, cet art « officiel » promu par le pouvoir de l’argent et l’argent du pouvoir. Alors, oui, pourquoi lancer une pétition pour sauver un officiel de l’Etat qui voudrait faire perdurer une situation qui n’est en rien favorable à la diversité et à la qualité de l’art? Catherine Millet dans Libération prêche pour sa chapelle qui, si elle a toujours été didactique, est maintenant en décomposition. Il est grand temps, que le temps de l’art dégagé du système pervers des réseaux et autres complicités étatiques douteuses arrive. Le seul qui ait besoin de tout notre soutien, c’est l’art lui-même!

    3. François Derivery a dit :
      mai 12th, 2011 at 9:05

      Cette nouvelle affaire de pétition prolonge la saga de « l’exception culturelle à la française ». D’un côté ceux qui ont eu droit à des prébendes et en espéraient d’autres, et soutiennent Kaeppelin, de l’autre leurs éternels suiveurs et ramasseurs de miettes (et néanmoins « artistes »).
      C’est l’ensemble du système clientéliste qu’il faut épingler, (cf un texte de C. Sourgins sur les conflits d’intérêt à paraître dans Ecritique n°12.)
      cf également (2007) :
      http://www.ddp-art-group.com/1-accueil/ecritique/lettredefendrelaculture.html

      La seule alternative à « l’exception culturelle » c’est apparemment le Tout marché. « L’exception » est censée corriger — en faisant jouer une clause « culturelle » — certaines « dérives » du marché. Mais la clause culturelle n’est depuis longtemps qu’un alibi. En fait « l’exception » c’est aussi le Tout marché, corrigé d’une dose (proportionnellement faible) de clientélisme d’Etat. La grande majorité des achats concerne les artistes étrangers. Et en compensation, les structures culturelles, le patrimoine et l’argent public sont mis au service du marché de l’art et de la spéculation sur l’art.
      Dénoncer l’exception culturelle ce n’est donc pas dire oui au Tout marché : c’est mettre en évidence un vide abyssal. L’Etat français a depuis longtemps trahi sa mission de service public, de gardien du patrimoine et de frein à la marchandisation, en art comme dans d’autres domaines. La question est fondamentalement d’ordre politique.

      François Derivery

    4. sallantin a dit :
      mai 12th, 2011 at 9:52

      Il y a une autre piste qui serait simple à mes yeux : modifier légèrement mais de manière décisive l’attribution des lieux de prestige à Paris.
      ARTISTES MORTS : la colline de Chaillot et le musée d’Orsay pour l’Art Moderne, Beaubourg pour Duchamp et ses successeurs ( les artistes de l’Art Contemporain : les conceptuels après 1960), Le Louvre pour l’Art Ancien, Branly pour les Arts Premiers.
      ARTISTES VIVANT: l’Etat se chargerait de la gestion de nombreux salons parisiens . Il se retirerait alors de la programmation en n’étant plus du tout partie prenante dans les commissions et jurys de foires et salons et aussi les prix. Finis les achats ! Ces salons montreraient l’art dans sa diversité et il y aurait des surprises. La compétition reviendrait aux artistes. La critique pourrait s’exercer à nouveau. Enfin le marché ne serait plus faussé comme il l’est aujourd’hui par des arrangements dans le dos des citoyens contribuables. Le milieu de l’art deviendrait moins suspect de conflits d’intérêts comme il l’est devenu. Mais cela voudrait dire quitter le pli de l’opacité, la confusion des genres et les arrangements entre amis… panique à bord mais tant pis! On attend un débat ouvert pour changer un système aujourd’hui en faillite.

    5. Salzmann Martine a dit :
      mai 13th, 2011 at 16:16

      Le seul intérêt de cette pétition est de montrer combien la politique culturelle vit au rythme des rivalités de poste. Jusqu’à présent l’opacité de ces « affaires » était telle, qu’elle nous laissait croire que nous étions exclus de quelque chose. Quand le rideau se lève, quelle tristesse ! En guise de politique culturelle, une simple concurrence entre cadres qui instrumentalisent les artistes aux besoins de leur propre carrière ?
      Toutefois, il est intéressant de profiter du débat pour préciser certaines choses :
      – Oui, il y a en ce moment un clivage d’époque qui relègue les arts conceptuels et minimalistes dans le passé. Le temps est venu de faire le point sur ce qu’ils ont apporté et détruit, et de prendre des marques pour penser ce passage. Sans quoi nous serions condamnés à vivre ce clivage comme une évolution naturelle, comme passent les saisons de la mode… sans prise de conscience.
      – Oui, l’art vivant est dans les salons et ce sont eux qui doivent être subventionnés pour permettre aux artistes d’exposer gratuitement. La politique culturelle soutiendrait alors vraiment les artistes vivants en leur permettant de bénéficier de conditions minimales de visibilité. Mais cette évolution n’est pas possible tant que les responsables de la culture méprisent les salons. Leur absence de distinction semble reposer sur une confusion entre « art vivant » et « art d’avant-garde ». Le second prenant la place du premier.
      Les arts d’avant-garde se définissent par des qualités d’insolence et d’insurrection, la précarité de leurs moyens, leur engagement soit disant politique, l’annexion du territoire de l’autre, une prédominance du verbe. Cette esthétique est à ce point reconnue aujourd’hui qu’elle est un critère commercial. Les arts d’avant-garde sont donc devenus, au même titre que les arts conceptuel et minimaliste, des icônes artistiques de la deuxième moitié du XXe siècle. Ils en sont à chercher leur valeur économique et historique sur le Marché. Leurs supporters doivent s’incliner, ces arts n’ont plus aucune réalité vivante pour une pensée qui chemine.
      L’art vivant d’aujourd’hui n’est pas forcément ce que le marché reconnaît mais ce qu’il reste de vivant en art ! Ce vivant ne se réduit pas à être synonyme de jeunesse, d’éphémère, de spectacle, de happening, de nouvelles technologies, d’internationalité, d’inconscience, d’énergie, de fraîcheur…
      Avec cette affaire une page se tourne, non pas parce qu’un cadre culturel en remplace un autre à Chaillot II, mais parce que rester en contact avec ce qu’il y a de vivant en art est aujourd’hui différent des années 80.

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