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  • Années Noires de la Peinture

    Article de Laurence Debecque-Michel dans Ligeia :

    1983-2013 Années noires de la peinture

     Aude de Kerros, Marie Sallantin, Pierre-Marie Ziegler

    Editions Pierre-Guillaume de Roux, Paris
    Ce petit ouvrage polémique fait le constat de vingt ans d’art en France où la situation mise en place par l’état a été fatale à la peinture, la sculpture et la gravure. Les années soixante avec une remise en cause de la peinture par le mouvement Supports-Surfaces avaient préparé le terrain pour la politique instaurée et poursuivie dès 1982 par lack Lang: celle des «institutions ayant pour fonction de diriger la création, CNAC, DRAC, FRAC, FNAC », avec un corps administratif qui, de profane au début, s’est vite revendiqué spécialiste dès lors qu’il a été protégé par un statut bureaucratique officiel. Ces inspecteurs et commissaires ont décrété, afin de favoriser l’émergence d’une avant-garde artistique française, l’éradication des arts dits traditionnels, en en supprimant tout simplement l’enseignement dans les Ecoles d’Art.

    Les auteurs Aude de Kerros, Marie Sallantin et Pierre-Marie Ziegler [qui s’est suicidé peu de temps avant la sortie de l’ouvrage] ont fait un travail de reconstitution des décisions et étapes de ce nouveau crédo étatique français qui a sévi jusqu’à aujourd’hui.

    Ils voient dans cette mainmise de l’état sur la création l’explication de l’émergence d’un art officiel où la peinture n’arriverait à survivre que si elle prend ses distances par rapport à elle-même c’est-à-dire si elle est détournée ou recyclée, car – suivant les nouvelles normes – hors concept, elle ne pourrait être qu’artisanat.

    L’ouvrage s’augmente d’annexes : budget détaillé la culture, procédure de la commande publique et galerie de portraits – objective et sans ironie – des administrateurs de la création (on regrettera néanmoins que Bernard Blistène n’a pas été sélectionné!) et des personnalités ayant osé apporter un avis discordant. Si cet état de fait est indiscutable, il semble cependant que les choses soient prêtes à changer. D’une part parce que le pouvoir décisionnaire sans contrôle des inspecteurs commencent à apparaître abusif au sein de nos institutions, d’autre part parce que les pays comme la Chine, l’Allemagne, l’Angleterre même qui s’imposent aujourd’hui sur le marché avec des prix exorbitants sont ceux-là même qui continuent à donner à leurs étudiants dans les écoles d’art une
    formation classique de peintres ou de sculpteurs.

    Laurence Debecque-Michel

    1983 - 2013 Années noires de la peinture Kerros Sallantin Ziegler

    Couverture

     4ème de couverture