• Pages

  • Portraits

    Loading...
    image pierre-marie-ziegler-jpg image elisabeth-blind-jpg image franck-longelin-jpg image antoni-ros-blasco-jpg image raphaelle-boutie-jpg image alexandre-hollan-jpg image catherine-lescure-jpg image isabelle-melchior-jpg image augusto-foldi-jpg image marie-sallantin-jpg image tania-bruzs-jpg image patrice-giorda-jpg
  • Inscrivez vous à la newsletter !

  • Face à l’Art sur le net

    13 avril 2012 sur le site  » Défi Culturel  » :

    Entretien avec Marie Sallantin  Présidente de FACE À L’ART

    Pourquoi avoir créé un site comme Face à l’Art ?

    Parce que la France ne soutient plus ses peintres. Pis, elle empêche sans vergogne la transmission d’un art qu’elle considère comme dépassé. Sur le site de Face à L’Art nous témoignons d’une réalité que le public méconnaît.

    Dès son démarrage en 2000 et coïncidant avec la disparition de la peinture dans trois expositions nationales pour célébrer le nouveau millénaire, deux à Paris et une à Avignon, l’objectif du site a été d’offrir plus de visibilité aux peintres et d’affirmer cet art si méprisé en haut lieu depuis une trentaine d’années. Cela, grâce à une technologie nouvelle, celle d’Internet. Nous, les peintres passéistes, fûmes les premiers à créer un salon virtuel et des expositions virtuelles ! Les trois fondateurs (Franck Longelin, Pierre-marie Ziegler et moi-même) étions en effet très pessimistes pour l’avenir de la peinture, et à juste titre, étant donné la suppression de son enseignement dans la majorité des écoles des Beaux Arts au profit de l’art conceptuel et autres médias (installations, photographie, vidéos etc.) très subventionnés par l’État. N’oublions pas aussi que la mise à l’écart des salons a affaibli encore davantage la peinture vivante. Bref ces années d’une exclusion bien organisée, pour ensuite revendiquer la disparition de cet art comme un fait établi, n’ont pas encore été mises au grand jour. Les gens ignorent tout de cette histoire peu honorable comme l’est celle de toute exclusion. Beaucoup d’informations sur nos actions depuis l’origine sont sur le site de Face à L’Art. Quant aux choix des peintres, nous l’avons laissé dans un premier temps à des critiques et des peintres. Aujourd’hui le groupe est plus resserré autour d’une douzaine d’artistes et de son blog. Au public de juger les œuvres, comme dans un salon, de faire des rencontres dans les ateliers ou non. Face à l’Art n’est aucunement un site commercial et ne fait pas concurrence aux galeries. Le blog s’est ouvert en 2006 pour mettre en relief d’autres points de vue critiques sur la situation de l’art en France et fixer une information souvent dispersée. Les deux axes du blog sont la liberté de l’art (dans un pays où la peinture a été exclue des circuits de prestige, comment parler de liberté ?) et la transparence (dans un secteur où règne l’opacité, comment éviter la corruption ?) . La forte fréquentation du site (autour de 900 visites/jour) nous encourage à poursuivre dans ces directions. Le public finira-t-il par réaliser cette bizarre histoire, sans précédent, il faut le dire, de l’exclusion de la peinture dans le pays des peintres ? Des étudiants s’éveilleront-ils pour la sortir du silence, l’étudier de près ? Le site a été créé spécialement dans le but de la corriger au plus vite : en 2012 le constat est fait du grand retard de la France au moment où la Chine, elle, soutient massivement ses peintres qui ne prennent pas la posture avant-gardiste conceptuelle (cf. le classement d’Artprice 2011). Celle-ci serait-elle aujourd’hui dépassée ? Sommes-nous à la veille d’un basculement ? J’observe pour ma part que nous sommes en plein dans ce qu’il conviendrait d’appeler une bataille à la fois commerciale politique et spirituelle. À suivre passionnément ?

    Avez-vous rencontré des difficultés liées à la création de ce site Internet ?

    Bien sûr ! La peur crée des obstacles. Face à l’Art a douze ans et une totale autonomie grâce à Internet. Ce n’est pas le cas des salons dont la survie dépend de la manne publique et des décisions du ministère. Leur gestion est si lourde ! Leur situation si précaire ! Face à l’Art est, par contre, une plate-forme d’informations et un regard distancé et critique sur le contexte français de notre génération. Mais dès l’origine ses fondateurs étaient décidés à prendre des marques dans l’Histoire. Ils ont donc eu les yeux tournés vers la mondialisation et ses conséquences pour tâcher de comprendre leur temps.

    Quel message souhaiteriez-vous faire passer à nos lecteurs ?

    Il y a deux urgences :

    – de réparation, en recréant une solidarité autour des peintres qui ne viennent pas de l’État mais de collectionneurs, galeristes, critiques. Un vaste chantier est à ouvrir pour redonner à la peinture vivante tout son prestige.

    – de vigilance, car tout est fait dans l’autre sens au niveau du ministère. Pour faire croire qu’il n’y a pas de peinture qui vaille on montrera dans les musées et lieux de prestige des choses médiocres, je pense par exemple à l’exposition « Cher peintre » du Centre Pompidou (un monument de mépris) ou bien on oubliera les peintres, je pense à « La Beauté » à Avignon pour célébrer le changement de millénaire. Que font depuis si longtemps dans les instances de décision du ministère ces gens qui détestent la peinture ?

    Propos recueillis par Raphaël Jodeau

    Retrouvez l’entretien complet sur le site de défi culturel