| Vernissage "Noir & Blanc" - 12 mars 2005 |

Aujourd'hui, quatre artistes sont présents, Marie Sallantin, Franck Longelin, Antoni Ros Blasco, Pierre-Parie Ziegler, quatre peintres qui ont choisi d'exposer ensemble, de se confronter ensemble à ce lieu, chacun dans son chemin artistique particulier mais désireux, tous quatre, d'affirmer ce qui les rassemble. Ce n'est pas une démarche ponctuelle pour eux puisqu'ils font partie d'une association, " Face à l'art ", ouverte par cooptation aux artistes mais également aux critiques, pour être un lieu de débat et de questionnement permanent sur la place de l'art, de l'artiste et de la peinture dans l'art contemporain. Un débat sur la définition de l'art qui jamais ne put se dire clos au long des siècles d'histoire de l'art ; ou bien, quand il a cru l'être définitivement, très vite d'autres vagues de remises en question, tout aussi catégoriques, ont bientôt prouvé le contraire.
Donc un débat à toujours reprendre à notre compte.
Et, dans ce débat, les artistes de " Face-à-l'art " ont décidé de revendiquer passionnément la place de la peinture dans l'art contemporain.
Plusieurs articles ou essais récents ont fait part de ce qui peut être ressenti comme une crise, de ces doutes quant à la pérennité de la peinture.La dernière biennale de Venise ne témoignait-elle pas de la surabondance de nouveaux médias artistiques (images virtuelles, vidéos, installation...) dématérialisation niant l'image et rejetant le tableau comme un moyen d'expression dépassé.
Sans doute le débat n'est pas nouveau, la mort du tableau est annoncée dès le début du XXe siècle mais les artistes de " Face à l'art " ont ressenti violemment le besoin d'exprimer leur protestation en écrivant leur attachement au tableau, chair et peau de la nécessité intérieure qu'ils ont de peindre.
Ainsi, un manifeste à quatre mains accompagne l'exposition :
- constat amer et déterminée qu'ils ne se reconnaissent pas dans un grand nombre des images de l'homme proposées par l'art contemporain, d'une " peinture hostile à la peinture ".
- affirmation de leur parti-pris artistique de la re-présentation, de la figuration, qui ne se veut pas en concurrence avec d'autres formes explorées tout aussi sincères, mais se situe dans des chemins parallèles, tout aussi contemporains.
Cette revendication de pluralité de démarches, cette nécessité de dire leur engagement, cette volonté de poser des questions à l'art, à la société.
Comment pouvaient-elles ne pas trouver écho dans la mission même du musée ?
Etre à l'écoute du désarroi du public déconcerté par certaines démarches actuelles, tenter de l'accompagner dans les réponses possibles, voilà ce que nous avons à faire, sans jamais oublier que la justification du musée réside dans la transmission d'une histoire, dans l'affirmation que le présent qui se construit est engendré par le passé, aussi bien dans la rupture revendiquée que dans la continuité assumée.
C'est pourquoi la rencontre avec ces quatre artistes m'a aussitôt intéressée. L'espace leur a été ouvert, matériellement, mais aussi intellectuellement : ainsi, la journée de débats qui aura lieu le 28 mai.
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