| Carte blanche à Bernard Lafargue 9 septembre 2000 - 9 novembre 2000 |
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Bernard Lafargue bernard.lafargue@univ-pau.fr Professeur d'histoire de l'art et d'esthétique à l'université Michel de Montaigne de Bordeaux, rédacteur en chef d'études esthétiques : Figures de l'art, et critique d'art. Dernier n° paru de Figures de l'art : Nude or naked ? Erotiques ou pornographies de l'art, Décembre 1999, 669 p., ed. Eurédit. Dernier livre paru : Quatre fameux cons, Mars 2000, 77 p., ed. Eurédit. |
PATRICIA MONNERAUD
Tout s'est passé comme si ses études d'histoire de l'art, puis de scénographie avaient amené Patricia Monneraud à tourner ses pastels et ses encres vers les gens du spectacle (Chanteurs, Danseurs Musiciens, noir(e)s, Torreros) puis vers le spectacle de la vie quotidienne. La vie n'est pas vraiment un songe, ni une fête. C'est un spectacle où chacun joue, plus ou moins bien, son rôle. "L'homme du commun à l'ouvrage", cher à Dubuffet, devient dans la peinture de l'artiste paloise une figure de l'art dans un monde d'objets venus des natures mortes de Zurbaran, Braque, Wharol, Starc, Carrefour, Télé-Achat, etc… Les scènes de ménage, comme le remarquait Barthes dans ses Fragments du discours amoureux, demeurent toujours des scènes. Elles héritent avec plus ou moins de bonheur de Médée, Phèdre, Dallas, Titanic, Scènes de la vie conjugale , Alerte à Malibu, etc. Entendons-nous bien, Patricia Monneraud ne transfigure pas le banal dans la tradition duchampienne ; elle peint, dans un style qui allie avec bonheur le pathos de la gamme chromatique expressionniste à la distance des aplats délinéés du pop art, l'artialisation de la vie quotidienne.
"Lente impelle" , avance lentement, précise l'artiste de la célèbre fresque de Pompéi qui figure une scène de tendre sodomie. La bande verticale qui sertit le côté droit du cycliste angélique de Patricia Monneraud traduit: "Festina lente". Festina, c'est une peintre romaine dont parle Pline, mais c'est aussi le nom de l'équipe exclue du Tour de France 1998. Festina, c'était la marque à la montre tout entière vouée à son Dieu Richard, non pas Mutt, mais Virenque. Ange des sommets adulé par la foule, ange déchu (Mott?) par les médias qui l'avaient porté aux nues. C'est aussi un festin de banania. À chacun sa recette, sa petite reine qui le fait vivre à en mourir. L'artiste infigure en Richard Dupont la Marilyn de Wharol à l'insu de son plein gré. À se faire un sang d'encre.
Ainsi va la vie de ces petits hommes éphèmères en habits de lumière qui esquissent des véroniques empruntées et belles pour retarder l'échéance de Festinus Chronos. Ainsi font, font, font ces petites marionnettes humaines, si humaines que l'artiste peint de toutes les couleurs en pastels gras sur papier avec une tendresse aussi infinie que lucide, dans le métro, sur le vélo, sur la balance, à la cuisine, anywhere in the world. L'encre de Festina Lente est à leur effigie. Elle nous murmure : avance lentement dans la vie, car c'est la mort qui est à l'arrivée.
Les peintures de Patricia Monneraud
Son adresse : 1, rue Bonado - 64000 PAU
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