Carte blanche à Anne Dagbert
9 novembre 2000 - 9 janvier 2001


Anne Dagbert
Historienne de l'art et critique d'art contemporain, je collabore régulièrement à la revue art press depuis 1980 par des articles, des interviews et des comptes rendus d'expositions, ainsi qu'à la revue américaine Artforum depuis 1990.

J'ai rédigé de nombreuses préfaces de catalogues, la dernière étant une "Petite histoire abrégée de l'art contemporain", pour l'exposition "Moments d'art contemporain", à l'Hôtel du Département, Évreux, et à La Source, La Guéroulde, Eure, du 19 octobre au 1er décembre 2000.

Pour la revue Verso, janvier 2000 : essai sur l'oeuvre d'Isabelle Champion-Métadier, "Les métamorphoses de la peinture d'Isabelle Champion-Métadier".

Pour l'exposition "Carnet d'adresses" au Musée de Louviers, mars-septembre 2000, texte de présentation de Marc Couturier, "Du plus grand au plus petit ou le regard de Marc Couturier", paru dans la revue Visuel(s) no 09, mars 2000.


Deux monographies aux Editions Fall, Paris : Gérard Garouste, 1996 ; Jean Le Gac, 1998.

Pour une édition du Musée de Valence, autour d'une exposition de Gérard Garouste en 1997 : "Essai d'interprétation de la série Tal, la rosée, dans l'oeuvre de Gérard Garouste".

Coordination du dossier "Art et spiritualité", pour la revue Ligeia no29-30-31-32, octobre 1999. Étude sur "Le renouveau de l'art sacré en France". Entretiens avec Julia Kristeva ("La femme et le sacré") et Laurence Sigal ("Le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme").

Membre de l'AICA-France, section française de l'Association Internationale des Critiques d'Art.


MAKHI XENAKIS

Mâkhi Xenakis s'adonne au dessin depuis 1988, alors qu'elle séjournait à New York, trouvant dans ce medium la meilleure façon de transcrire une intériorité où elle puise son inspiration. En effet, après avoir fait une peinture figurative plus impersonnelle à tendance symbolique, il lui fallait trouver les formes originales qui révéleraient les tensions d'une inquiétude existentielle toute personnelle.

Ce fut alors la série des "Petites bonnes femmes" (1988), où une petite forme, aux contours peu repérables, dessinée à l'encre, semble ratatinée sur elle-même au centre de la feuille de papier.

À New York, la rencontre avec Louise Bourgeois, qui la pousse à rechercher en elle-même une acuité créatrice, fut décisive pour la suite de son oeuvre(1). Surgissent alors, à son retour à Paris en 1989, des formes inquiétantes qui s'apparentent de plus en plus à des araignées comme dans la série des "Peurs" (1994). Mais la métamorphose de la "Petite bonne femme" en une forme arachnéenne - "doux frémissement d'effroi face à cette méduse qui semble savoir tout de nous"(2) - est bénéfique en ce sens qu'elle semble lui permettre d'exorciser les doutes et la difficulté d'être.

La série au pastel des "Apaisements" (1994), en introduisant des couleurs douces et veloutées (celles de Piero della Francesca, que Mâkhi admire beaucoup ?), révèle une atteinte de la quiétude à laquelle l'artiste aspire, tout en ne se détachant pas de son inquiétude originelle, aiguillon énergisant de sa création.

A-t-elle réussi à conjuguer les deux, dans les grands dessins au pastel ocre rouge et noir, Grandes têtes (1996), qui figurent un entremêlement de boucles, celles-mêmes de son mari David dont la nuque protectrice lui est un refuge, image d'une sorte de nidation amoureuse, porteuse de vie ?

Les larges boucles recèlent en leur centre des formes rondes, assimilables à des yeux noirs - visibles aussi dans les "Peurs" et les "Apaisements", visibles également dans les sculptures filiformes en plâtre et pigment réalisées en 1998-1999. Serait-ce la métaphore du regard sans concessions que porte l'artiste sur sa vie intérieure et sur le monde, où interfèrent les forces de vie et de mort ? Comme le dit Claude Régy : "C'est ça l'angoisse et l'obsession de Mâkhi, créer de la vie, maintenir de la vie par-dessus la mort, surtout ne pas représenter la mort."(3)

Anne Dagbert, Paris, octobre 2000    

(1) D'autre part, Mâkhi Xenakis a réalisé un livre sur Louise Bourgeois : Louise Bourgeois, L'aveugle guidant l'aveugle, Ed. Actes-Sud/Galerie Lelong, 1998.
(2) Mâkhi Xenakis, in Parfois seule, recueil de lettres envoyées à Bernard Point, pendant la préparation de son exposition à la Galerie municipale Édouard Manet de Gennevilliers, 1999, Ed. Actes Sud, 1999.
(3) In catalogue de l'exposition à la Galerie Lucien Durand-Le Gaillard, Paris, et à la Galerie municipale Édouard Manet, Gennevilliers, 1999.


Les peintures de Mâkhi Xenakis

Son adresse : 11, rue du Tage - 75013 PARIS
Tél, fax : 01 45 89 68 27


DERNIERES EXPOSITIONS ET PROJETS (2000) :

Exposition personnelle :
Le Méjean, Arles

Exposition collective :
Frac des Pays de la Loire, Nantes

Projets :
- Un livre d'artiste, avec dessins originaux et textes inédits de Jean Frémon et Gilbert Lascault
- Installation d'un groupe de 10 sculptures sur la façade de la chapelle du Méjean, Arles

Carte blanche N° 1 :
Jean-Luc Chalumeau
9 mars - 9 mai 2000
Carte blanche N° 2 :
Francis Parent
9 mai - 9 juillet 2000
Carte blanche N° 3 :
Françoise Monnin
9 juillet - 9 septembre 2000
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9 septembre - 9 novembre 2000

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