Deux composants à tenir en compte en regardant mes peintures;
dans le cas où l’on veuille tenir en compte l’aspect intentionnel de mon regard.
Un de ces aspects ou composants est lié à l’élaboration et à la mise en œuvre des peintures et des relations polysémiques des formes et des figures, des fonds et des formes et ses significations ouvertes.
L’autre composant dérive du choix documentaire et des détournements .
Descartes( Méditation), soutient que les productions du sommeil et de la peinture
“ne peuvent être formées qu’à la ressemblance de quelque chose de réel et de véritable.”
Depuis 5 ans déjà, il m’est apparu impossible d’aborder la représentation aujourd'hui sans être débordé par le réel, sans combattre à cause précisément du débordement, la référence par la fiction.
Le conflit se situe dans le constat d’absurdité du réel, du véritable.
Comment dire que ce réel et ce véritable sont monstrueux ?
Fabriquer une image contribue généralement à la fabrication de ce qui est à représenter par l’image.
Mes documents d’origine sont soumis au dela de son choix à une forme de changement et d’analyse de” focales” faisant dériver mes peintures en instruments d’enquête.
Au dela de la figuration d’un espace et d’un lieu de confrontation, le conflit proprement dit se situe pour moi dans l’utilisation de la photo, photo-document comme paroi provocatrice (invention di spéculation) G. Vasari; Les vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes.
“Je ne saurais manquer de mentionner parmi ces précepts un nouveau mode de spéculation (invention de spéculation) pour exciter l’esprit à diverses inventions. Le voici: si tu regardes les murs souillés de beaucoup de taches, ou faits de pierres multicolores, avec l’idée d’imaginer quelque scène tu y trouveras l’analogie de paysages au décor de montagnes, rivières, rochers, arbres, plaines, larges vallées et collines de toute sorte.Tu pourras y voir aussi des batailles et des figures aux gestes vifs et des étranges visages et costumes et une infinité de choses, que tu pourras ramener à une forme nette et compléter. Et il en va de ces murs et couleurs comme du son des cloches; dans leur battement tu trouveras tous les sons et les mots que tu voudras imaginer.”G. Vasari;Les vies des meilleurs peintres,sculpteurs et architectes.
Il est question donc dans cette aventure de déterminer les procédures énonciatives qui font pour le regardeur voir vrai et/ou voir faux.
Il est question aussi de figuration et de ressemblance entendant l’une comme le moyen sémiotique qu’emprunte l’autre et puisque le réfèrent serait la représentation du monde d’aujourdhui, considérer ce qui est à représenter comme des informations latérales aux traits sémantiques, rhétoriques ou fictionels.
C’est de cette manière qu’il devient à nouveau possible d’inventer audacieusement. Il ne faut pas oublier l’élaboration et la mise en œuvre puisque les syntaxes propres à la phrase picturale font que du moment qu’une surface se révèle à la fois comme support et comme corps, c’est le procédé qui se dévoile, avec autant d’évidence que la figure qu’il donne à voir.
Construction donc des mondes conflictuels par son extraction et par ses interprétations. Fiction et référence en conflit. Le monde des images photographiques d’aujourdhui m’est apparu impossible mais très réel. Comment peindre sans faire acte de la confrontation réel-fiction?
Gonzalo BELMONTE.