Le mot de l'artiste
"Je suis lent. C'est le temps qui me conseille; le travail ne change qu'au moment où j'en ressens la nécessité. Jamais je ne vais plus vite que mon rythme, fait de lenteur: voilà quinze ans que je peins comme ça..."
"Ce qui m'apparait tandis que je travaille est toujours clair jusqu'à ce que cela me dépasse : alors j'ai du mal à nommer les choses. Mais si je ne trouve plus les mots la toile commence à me parler..."
"Je connais cette limite: ce personnage qui m'identifie et parfois m'embarrasse. Mais sans lui, ma peinture serait sans raison. Qui reprocherait à Giacometti d'avoir fait toute sa vie la même figure; moi aussi je suis attaché à un seul objet d'émotion."
"Mes personnages se retrouvent certainement dans les paysages de ma mémoire, tandis qu'ici se mêle tout ce qui m'a marqué."
"Je me perds constamment dans les innombrables possibilités de l'équilibre. Je pense désormais être du côté de l'attaque. C'est une question de libération, un soulagement, une ouverture..."
1996