Alin Avila a dit

Pas plus qu'un mystique ne se répète tandis qu'il prononce une fois encore ce qui appartient à son rite, Hans Bouman investit ce qui n'est pas de l'espace mais témoigne d'une conception du temps ; ce par quoi l'art échappe au visuel pour définir au delà des mots, ses emblèmes. La peinture - du moins celle-là- ne serait pas un acte de production mais l'actif témoignage des nécessités de l'art nous permettant d'approcher les inappropriable forces qui constituent les mythes et les mystères fondateurs de l'homme. En refusant la séduction, il nous invite à quelque transcendance, à mêler l'émotion éprouvée au souffre grave d'une pensée, qui dépasse le corps et le mesure à ce qui le déborde : les mystères mêmes qui l'organisent et le fondent. Cette peinture n'est-elle pas là pour nous rappeler et vaincre la mort? Ils sont ces tableaux, une borne entre la vie et cette autre chose, qui tel un gouffre ressenti, apparaît ressouvenue, jachère commune où le peintre nous dit que les blessures de chacun sont celles de tous.

Son engagement c'est de donner plus de voix à la matière picturale, aller au-devant de cette objectivité de la peinture qui prête sens à sa recherche, et affirme encore plus fortement son point de vue spirituel.
Car si c'est du sens, celui-ci s'affirme au travers de ce que l'on voit, et imperceptiblement change ses tons ; ils deviennent plus fluides, aériens.
Ils offrent de changeantes surprises, tandis que l'artiste explore une palette neuve, d'autres superpositions de papiers plus fins et translucides comme si lui aussi avait rencontré la lumière - peut-être en Italie...
Avec la mesure qu'on lui connait, il envisagerait d'explorer son éclat, mais avec la prudence de celui qui comme Eliphas Levi sait que "noir est le soleil pour qui le regarde en face".

(1996)