Stéphane DORE a dit


Brisse est un tempérament boouillonnant contraint par la permanence de la tension entre vie et mort. Une couleur, souvent plus vive, pointe le foyer de cette tension, comme une lueur, aperçue par un homme perdu, voué à une mort certaine dans une nature inhospitalière, lui indique un possible salut. Dans les portraits, le malaxage de la couleur vient comme rendre posible une vie qui pourtant est bien entamée. Dans ce portrait où l'épaule et l'avant-bras sont des os et que l'autre bras est coupé au niveau du poignet, ce n'est plus que la pâleur du jaune qui nous empêche de croire ce visage formolisé. Cette croyance en la vie, il la puise dans l'histoire humaine, de l'Egypte à Otto Dix, jusqu'à celle de Babar, comme une force toujours à regagner sur la mort ou l'oubli. Les traits vifs, nerveux, très riches, ce brassage des couleurs, sont injectés d'une énergie du désespoir et, en même temps, se dotent d'une organicité immanente.