Fiction

L'espace fictionnel.

La fiction c'est la plausibilité d'un autre espace, dans lequel la frontière entre le réel et l'imaginé devient mobile, poreuse. Il faut au peintre inventer l'espace fictionnel, pour introduire une perturbation de l'évidence de la surface propice à la formation du couple construction /déconstruction.

Chaque tableau est une proposition formelle d'un état de pensée, où le spectateur paré de son expérience préexistante de la fiction, se confronte à la peinture. La fiction est ce domaine qui n'est ni la réalité ni la pure affabulation. Elle est ce avec quoi on peut jouer sans s'y abîmer.

Construire l'espace fictionnel subjectif.        

Il me faut loucher puisque c'est l'action nécessaire à l'aventure du tableau. Le sujet comme narration, le matériau comme sujet, de la réalité à la fiction et puis dans l'action de peindre inverser la proposition.

Peindre dans l'esprit de l'abstraction, pour éviter la confusion et favoriser l'amnésie de la représentation.

De la peinture qui parle de la peinture.

Réminiscences et volonté de dépassement du fait du tableau. Une certaine façon de traduire la qualité d'un espace, des façons d'y entrer, une intrusion autant qu'une extrapolation et qui porte très naturellement d'un champ à l'autre, des abstractions aux figurations, de la photographie à l'architecture par exemple, considérant que ces champs ne sont ni finis ni incompatibles mais autant de zones de transferts.

Olivier Di Pizio - mars 2005


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