Le mot de l'artiste
Samedi 12 juin :
J'ai d'abord peint mon trajet de l'atelier à ma maison, puis j'ai peint tous mes trajets. Ces paysages que je croise des centaines de fois ou une fois, par hasard, sont des natures humanisées ; des villes, des lisières de campagnes.
Je suis donc, depuis quelques années, un peintre paysagiste. Je pars du ciel : sa couleur, sa structure. Il peut être rose bonbon, bleu outremer, rouge sang... les poteaux, les feux, les panneaux, me donnent des verticales . Souvent j'ôte toute présence directe : les voitures, les passants. J'atteins ainsi une statique, un silence, nécessaires.
Le carré est mon format de prédilection. Il a la vertu de rendre compacte l'image représentée, ce qui est très important pour le paysage où la coupure ciel/terre déséquilibre de façon trop systématique la composition (haut/bas). Cela me permet aussi d'agencer mes tableaux ensemble, pour jouer sur l'effet de série.

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