Le mot de l'artiste
L' ÊTRE

Pour vous parler de ma peinture, je commence par emprunter quelques lignes à Åke Haneus, critique d'art au Sundsvalls Tidning :

"Sylvia Lidberg utilise un langage de signes, comme dans la calligraphie chinoise. Simplifié, concentré autour d'un thème important, qui nous parle de l'être humain. Elle veut raconter de préférence les relations des êtres humains entre eux. Elle peint des scènes entières dans lesquelles plusieurs hommes agissent dans un jeu complexe : ils s'enlacent, ils s'entraident à porter quelque chose dont ils ont tous besoin , ils sont affairés autour de quelque chose qui les unit tous / un lien social. Souvent, il est difficile de reconnaître l'être humain, ses formes noires, fortes et dominantes. Ses lignes et ses formes dessinent l'être humain d'une manière dense et simple, comme les enfants peuvent le faire..."*
J'ai traduit pour vous cet extrait de l'article, je pense qu'il explique un peu mes préoccupations d'il y a quinze ans. Les figures portaient en elles d'autres personnes, dans le ventre - sur les épaules - des têtes sous les bras - des têtes dans la tête - comme une pyramide à l'envers. Au moment de la parution de cet article, je n'avais pas vraiment réalisé vers où je partais, ça bouillonnait de couleurs - de traits - et de l'envie de raconter une histoire, d'abord très intime - la vie autour de moi, ma petite histoire.

Cette préoccupation est toujours la même. Evidemment - j'ai grandi... Un voyage vers le lointain pour revenir vers l'intérieur, vers ce monde que chacun de nous porte en lui - Un sentiment. Quelque chose qui me paraît universel. La volonté d'exprimer la force, d'utiliser "la vie" pour peindre - cette envie de simplifier l'image, d'essayer de ne pas me perdre dans le joli - dans le pas-important.

Ces êtres se sont ensuite transformés en hommes-animaux et/ou en végétations noires (1991-1996), puis concentrés en une tête-"boule" dont trois points font l'expression, précise - Deux yeux, une bouche. Têtes en vadrouille prises dans une trame - la Trame de l'Âme, ou simplement un paysage. Une ligne fait l'horizon - une autre fait la forêt, la mer, et l'horizon à nouveau - Le sentiment.

C'est une autre histoire qui commence, et c'est pourtant la même. Quelque chose de bien vivant. Je la découvre au fil du temps, toujours avec un léger décalage entre le moment où je peins et celui où je m'arrête pour comprendre - rattraper ce que je cherche - Le sentiment.

L'envie, le désir, le besoin, de peindre sont là et nous sommes bien tous dans le même bateau!

*Article publié à l'occasion de ma deuxième exposition personnelle, à la Galleri Versalen, Sundsvall, Suède, 1990.


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