COMMUNIQUE DE PRESSE :
Le paradis est un endroit où il ne se passe jamais rien.



Stéphane Pencréac'h, dont c'est la première exposition personnelle, poursuit depuis quelques années une recherche picturale empruntant la voie d'un engloutissement boulimique de l'histoire des formes. En effet, l'artiste considère l'histoire de l'art comme un gigantesque répertoire dans lequel il trouve des solutions à des problèmes formels. D'où un certain penchant chez lui pour la réinterprétation, voire la citation. Mais cette convocation des artistes et des images qui, pour différentes raisons, ont durablement marqué sa mémoire, ne se fait jamais de façon littérale, mais plutôt sous la forme de réminiscences et d'une volonté de dépassement : Edouard Manet, Barnett Newman, Anselm Kiefer, Eric Fischl ou encore Gerhard Richter ont déjà été décortiqués, tous novateurs et théoriciens.

"Le paradis est un endroit où il ne se passe jamais rien." Réunies sous ce titre ironique, les toiles que Stéphane Pencréac'h présente à la galerie Hoffmann pourraient tour à tour évoquer les mondes bibliques et mythologiques. Ainsi, Penitor met en scène un personnage cyclopéen qui semble frappé d'une lumière caravagesque. Dans Le Passeur, un enfant émergeant d'une sombre savane évoque la légende de St Christophe. Dans une cage, une hydre menaçante enserre les barreaux de ses griffes et nous scrute d'un oeil mauvais. Une femme nue devant une fenêtre reçoit une lumière solaire aveuglante telle Danae fécondée par la pluie d'or de Jupiter.

Mais le sujet s'avère un piège confortable, un tapis moelleux que l'artiste tire sous nos pieds. Pencréac'h avoue faire " de la peinture qui parle de la peinture ". En effet, le sujet n'est que le prétexte à toutes sortes d'expérimentations, d'audaces formelles qui prennent corps dans ces incisions que n'aurait pas reniées Lucio Fontana, dans la juxtaposition - voir à ce propos la grande scène d'enterrement - de trois traitements différents (empâtement, aplat, brossé), et dans une utilisation de la réserve qui donne l'éclat à cette lumière éblouissante enveloppant la femme nue. Et c'est en cela que la peinture de Stéphane Pencréac'h se révèle profondément originale, dans cette application d'une pensée " formaliste " à une peinture dite " figurative ", une symbiose génératrice d'images longuement pensées dont la force visuelle s'impose indubitablement.


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