Sous les tonalités sombres des travaux de Vassilikian, réside l'anatomie de la toile, pointant dans le tableau la présence inexorable de l'écorché. Il arrive à cette couche de rouge primordiale, à ce geste inaugural d'une sublime cruauté, à ce sang du tableau, il lui arrive, donc, de refaire surface. Quelques gouttes, comme l'indice d'un crime, parviennent à rendre au paysage son corps, sa chair, toute cette animalité invisible. Le désert se peuple subrepticement d'atomes qui se meuvent dans une lutte acharnée.
Chakè MATOSSIAN (philosophe)
Académie Royale de Beaux-Arts de Bruxelles.
dans la revue Haratch, 1991.